Quelle est l’ampleur de la crise mondiale de l’eau ?

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Environ 71 % de notre planète est recouverte d'eau, dont la plupart est saline (97 %) ou gelée dans des calottes glaciaires et des glaciers (2 %), seul le 1 % restant étant de l'eau douce.

Au cours de la dernière décennie, le régime des précipitations a connu des modifications de plus en plus marquées sur l’ensemble de la planète. Alors que dans certaines régions du monde, les inondations sont désormais un scénario courant. Ailleurs, les pluies sont plus rares et plus occasionnelles. En ce sens, le changement climatique contribue à aggraver la crise de l’eau et menace la vie de millions de personnes.

Les événements actuels se caractérisent par des sécheresses et des vagues de chaleur extrêmes entraînant des incendies de forêt sans précédent, comme ceux qui se sont produits récemment en Australie, alors qu’en Asie, des millions de personnes étaient aux prises avec d’intenses inondations.

Dans ce contexte, et selon l’Organisation mondiale de la santé, sur la population mondiale (environ 8 milliards de personnes), 2,2 milliards, soit un tiers, ne peuvent pas compter sur des services gérés de manière sûre :

  • 1,4 milliard de personnes n’ont pas accès à des services de base tels qu’une source d’eau aménagée située à moins de 30 minutes de distance.
  • 206 millions de personnes disposent de services limités, nécessitant un trajet aller-retour de plus de 30 minutes pour la collecte de l’eau
  • 435 millions de personnes consomment de l’eau non traitée
  • 144 millions de personnes collectent de l’eau de boisson insalubre à partir de sources d’eau de surface

 

Les populations des pays industrialisés considèrent parfois que l’eau potable est un acquis. Les inégalités subsistent et la crise climatique s’accentue dans les villes et les zones rurales, mais il en va de même pour les zones urbaines et les grandes villes, lesquelles sont toutes confrontées à une menace similaire : la pénurie d’eau.

La rareté de l’eau ignore les classes sociales ou économiques et ne fait pas de distinction entre un pays développé et un pays sous-développé. D’autre part, elle a également révélé ses conséquences dans des pays comme les États-Unis, la Chine, l’Inde, la Belgique et bien d’autres, comme illustré dans la figure 1.

Figure 1:Comparison between countries in the world and their freshwater situation
Figure 1:Comparison between countries in the world and their freshwater situation

La rareté de l’eau ne se résume pas à des conséquences à court terme, mais constitue une menace à long terme pour la santé humaine. Dans les régions où les précipitations se font de plus en plus rares, la diminution du volume des aquifères génère une forte concentration de polluants et de micro-organismes nocifs dans les sources d’eau, exposant ainsi l’être humain aux maladies associées à l’eau.

L’eau polluée ainsi qu’un mauvais assainissement entraînent la transmission de maladies telles que le choléra, la diarrhée, la dysenterie, l’hépatite A, la typhoïde et la polio. Selon une analyse de l’Institut du Pacifique, environ 34 à 76 millions de personnes pourraient mourir à la suite de problèmes de pollution de l’eau, y compris de maladies liées à l’eau, avant la fin de cette année.

La pénurie d’eau

La rareté de l’eau est la conséquence de l’exploitation incontrôlée des ressources en eau et de l’absence de techniques adaptées de gestion des eaux usées. Au cours du siècle dernier, la consommation d’eau a augmenté à un rythme dépassant le double de celui de la population humaine.

Environ 1,7 milliard de personnes vivent dans des régions où le prélèvement d’eau atteint chaque année jusqu’à 80 % de leur approvisionnement en eau douce disponible. La figure 2 illustre l’augmentation de la consommation d’eau douce depuis 1900, enregistrant une consommation radicalement accrue à partir de 2009.

Figure 2: Global Freshwater use for agriculture, industry and domestic use timeline

Qu’est-ce que le stress hydrique ?

Le stress hydrique est répertorié parmi les crises dont personne ne parle, et pourtant il est susceptible de provoquer l’insécurité alimentaire, des conflits et des migrations, ainsi que l’instabilité financière. Le stress hydrique est dû à une demande d’eau supérieure à la disponibilité au cours d’une certaine période, ou à une mauvaise qualité qui limite son utilisation.

Ces circonstances gâchent la qualité et la quantité des ressources en eau douce. L’augmentation de la population mondiale, l’amélioration du niveau de vie et l’accroissement des modes de consommation, ainsi que l’agriculture largement irriguée sont les principaux facteurs de la pénurie d’eau. De plus, la déforestation, l’augmentation de la pollution, les émissions de gaz à effet de serre et l’utilisation inconsciente de l’eau sont autant de facteurs contribuant à un approvisionnement insuffisant. Les prévisions indiquent que la moitié de la population mondiale vivra dans des zones de stress hydrique d’ici 2025.

La pénurie d’eau menace l’humanité non seulement d’un point de vue sanitaire, mais également en termes de sécurité alimentaire. Lorsque les sols s’assèchent et se durcissent, la couche la plus superficielle est emportée par les pluies. Ce processus achemine les contaminants jusqu’aux cultures, plutôt que de les faire tremper dans le sol. Le secteur agricole représente à lui seul 70 % des prélèvements d’eau douce dans le monde.

Figure 3: World Resources institute ranked water stress countries
Figure 3: World Resources institute ranked water stress countries

On considère qu’une région connaît un stress hydrique lorsque l’approvisionnement annuel chute en dessous de 1 700 mètres cubes par personne et par an, selon l’indicateur de stress hydrique Falkenmark. Lorsqu’un pays se retrouve avec moins de 1 000 mètres cubes par personne et par an, le stress hydrique devient une pénurie d’eau. La figure 3 présente les pays actuellement confrontés à des conditions de stress hydrique, la Belgique se situant à la 23e place.

À titre de comparaison, la figure 4 illustre la consommation d’eau en Europe.

Figure 4: Water Use in Europe. Source: European Environment Agency

Pouvons-nous solutionner la crise de l’eau ?

Alors que pas moins de 44 pays dans le monde connaissent des niveaux élevés de stress hydrique, comme le révèle le classement de la  figure 3, une nouvelle génération de solutions est requise à un rythme élevé.

2018 est l’année marquant le « Jour Zéro » pour la ville du Cap en Afrique du Sud. Néanmoins, en changeant ses habitudes urbaines, ainsi que le retour de certaines pluies, Le Cap est parvenu à aplatir la pointe aiguë de la pénurie d’eau. Au fil du temps, cette vision malheureuse sera néanmoins de plus en plus fréquente. C’est pourquoi des solutions efficaces doivent émerger de tous les acteurs de la société.

Dans le cadre du système économique actuel, l’eau est intimement liée à la croissance économique. Les gouvernements doivent prendre des mesures afin de créer des plans de gestion intégrée de l’eau tenant compte du cycle complet de l’eau.

La société compte sur la technologie et les connaissances nécessaires pour accélérer une issue favorable à cette situation. Accroître l’efficacité de la gestion de l’eau en agriculture, réduire la consommation d’eau et promouvoir le recyclage et la réutilisation des eaux usées sont des mesures contribuant sans aucun doute à lutter contre la pénurie d’eau et le stress hydrique. Certaines des solutions proposées ayant permis au Cap de remédier à la pénurie d’eau croissante sont présentées dans la figure 5.

Figure 5: Some general solutions to adopt for a sustainable water future

Par ailleurs, conformément à la suggestion de l’International Resource Panel (IRP) , les gouvernements doivent également participer en investissant dans des projets de R&D destinés à améliorer les technologies de gestion des eaux usées, à éveiller l’intérêt pour la construction d’infrastructures durables afin d’améliorer l’efficacité de l’utilisation de l’eau et d’éviter la contamination des ressources en eau, à instaurer des politiques visant à réduire la demande en eau, à renforcer et à orienter la recherche sur la valeur des services écosystémiques et de l’eau pour le bien-être humain et le développement économique.

BOSAQ se concentre sur l’apport de solutions durables destinées à lutter contre la crise de l’eau. Notre équipe d’experts en conseil accompagne les entreprises et les organisations dans la définition d’une stratégie de gestion de l’eau durable pour leurs bâtiments. Nos ingénieurs assistent les gouvernements dans leurs efforts pour relever les défis de l’eau potable en leur fournissant des solutions pérennes et décentralisées ayant un impact social.

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