La consommation d’eau peut-elle être dissociée de la croissance économique ?

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La croissance économique a été identifiée comme étant l'un des principaux facteurs contribuant à l'accélération de la pénurie d'eau dans le monde, l'expansion démographique et l'urbanisation croissante ajoutant aux pressions sur les ressources en eau douce limitées. Le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) a publié en 2016 un rapport examinant la possibilité de découpler la consommation d'eau de la croissance économique - essentiellement, en passant à des formes de consommation d'eau plus durables sans pour autant réduire la croissance - et indiquant que la moitié du monde pourrait être confrontée à un grave stress hydrique d'ici 2030 si cet objectif n'est pas atteint. Mais comment y parvenir dans la pratique et quelle est la probabilité que cela se produise ?

L’importance de dissocier la consommation d’eau de la croissance économique

 

En 2015, l’ONU a lancé 17 objectifs de développement durable (ODD) à atteindre d’ici 2030. Ces objectifs s’articulaient en grande partie autour du double concept de développement économique mondial (éradiquer des problèmes tels que la pauvreté, la faim et la précarité de l’emploi) et de durabilité environnementale (eau et énergie propres, consommation et production durables, lutte contre le changement climatique).

 

Nombreux sont ceux ayant dénoté les tensions entre ces deux concepts. En particulier dans le cas de la durabilité de l’eau, où les recherches suggèrent que la demande en eau pourrait dépasser l’offre de 40 % dès 2030 si la croissance se poursuit sans que des pratiques durables en matière d’eau soient mises en place.

 

Pour que les ODD aient une chance d’atteindre leurs objectifs, la consommation d’eau doit être dissociée de la croissance économique. L’eau est essentielle à la vie humaine, au bien-être, aux écosystèmes et à la production industrielle/agricole. Bien que ce processus de dissociation se déroule lentement, avec une consommation globale d’eau augmentant environ cinq fois moins vite que la croissance économique, beaucoup de chemin reste néanmoins à faire si nous voulons éviter une crise mondiale.

 

 

Comment réaliser la dissociation ?

 

Dissocier la consommation d’eau de la croissance économique ne peut se faire que par un effort soutenu en termes de politiques et de pratiques visant à réduire la consommation d’eau et la dépendance à long terme envers les approvisionnements en eau douce. Les techniques peuvent inclure :

 

  • Une gestion plus efficace de l’eau au niveau central et local, en améliorant par exemple les infrastructures pour réduire les fuites d’eau
  • Investir dans des technologies durables comme des systèmes tampons et d’infiltration à l’échelle de la ville ou des systèmes de recyclage des eaux au niveau des entreprises et des ménages
  • Surveiller l’utilisation et la qualité de l’eau et appliquer l’Ido dans le secteur de l’eau pour piloter la dissociation sur la base de données qualitatives
  • Des politiques visant à réduire l’utilisation de l’eau dans les domaines de la production agricole et industrielle en encourageant, par exemple, la mise en œuvre de techniques d’irrigation intelligentes, de surveillance de l’utilisation de l’eau et de technologies de réutilisation de l’eau
  • Des efforts de communication visant à inciter toutes les parties prenantes à unir leurs forces pour concrétiser la mise en œuvre de la dissociation.

 

Un certain nombre de pays ont ainsi démontré qu’il est possible de poursuivre la croissance économique tout en inversant la tendance à la hausse de la consommation d’eau. L’Australie a réussi à réduire sa consommation d’eau de 40 % tout en augmentant son PIB de 30 % entre 2001 et 2009. La Chine, l’une des économies à la croissance la plus soutenue au monde, pilote des « villes-éponges » dans plusieurs régions. Des études ont fait apparaître des taux de dissociation satisfaisants dans certaines provinces, à mesure que la consommation d’eau se stabilise ou diminue. De son côté, l’Inde, l’un des pays les plus menacés par un stress hydrique extrême, examine les moyens de réduire sa consommation d’eau à concurrence de 80 % en améliorant ses techniques agricoles.

 

 

Les défis de la dissociation

 

Certes, la dissociation est un objectif noble, mais sa réalisation est loin d’être évidente, même si la volonté de réforme est présente. En effet, certains ont fait valoir que les approches environnementales seront toujours considérées comme secondaires aux stratégies de croissance économique, et les tensions entre les deux seront finalement préjudiciables à l’environnement si une nouvelle approche n’est pas adoptée.

 

Même en regardant au-delà de ces tensions, les avancées sont très inégales. La rareté de l’eau est un enjeu mondial. Il ne suffira pas que quelques pays de premier plan mettent en place les mesures nécessaires. Un grand nombre de pays poursuivent actuellement des projets non durables tels que la construction de barrages, de canaux et d’aqueducs, sans pour autant investir suffisamment dans l’amélioration des infrastructures et de la gestion de l’eau. Il existe également des disparités régionales, 12 des 17 pays les plus exposés au risque de stress hydrique extrême se situant au Moyen-Orient ou en Afrique du Nord. Les meilleures pratiques mondiales sont nécessaires et certains pays ou régions peuvent avoir besoin de plus de soutien que d’autres.

 

En outre, les technologies disponibles susceptibles de contribuer à éviter une crise pourraient être rendues plus distributives, afin de desservir également les régions qui ne disposent pas des connaissances nécessaires pour construire ou exploiter les systèmes. Les systèmes de recyclage des eaux usées, de collecte des eaux de pluie, de dessalement et de tampon/infiltration peuvent jouer un rôle clé dans la réduction de l’empreinte écologique, mais n’ont pas encore fait l’objet d’investissements suffisants ou d’une attention particulière.

 

Les conflits et la géopolitique jouent également un rôle prépondérant. Environ 878 sources d’eau sont partagées par 153 pays et un conflit enregistré sur trois est occasionné par l’eau. L’eau doit être considérée comme un produit commun essentiel pour tous les êtres humains et ne pas causer ou être utilisée dans des conflits régionaux. Une gestion bien pensée et durable sera entravée par le conflit qui, à long terme, peut avoir un impact négatif sur toutes les parties concernées.

 

Water Experts propose des options durables en matière d’utilisation de l’eau et explique comment vous pouvez contribuer à réduire l’empreinte écologique de votre région. Nos experts peuvent vous conseiller sur la manière de dissocier la croissance économique de la consommation d’eau en mettant en œuvre une gestion durable de l’eau et une technologie de réutilisation de l’eau.

Évolution du cycle météorologique

Les sécheresses ont de tout temps affecté certaines parties du globe. Néanmoins, suite aux effets du changement climatique, ces phénomènes deviennent plus fréquents et plus répandus. Parmi les villes qui ont récemment connu des sécheresses sans précédent, citons San Francisco, Le Cap, Chennai, et même la Flandre.

Les effets des sécheresses ne se limitent pas à un épuisement des réserves d’eau susceptible de provoquer une grave pénurie et de faire courir le risque d’un « jour zéro ». Les sécheresses affectent également le régime des précipitations, celles-ci se concentrant en de courtes et intenses rafales, augmentant ainsi le risque d’inondation. La sécheresse peut avoir un coût économique extrêmement élevé, l’UE ayant estimé à 100 milliards d’euros les coûts y afférents au cours des 30 dernières années.

Une planification efficace en matière de sécheresse doit comporter deux volets. Elle doit non seulement s’assurer qu’il y ait des réserves d’eau en suffisance pour faire face à la période de sécheresse et ainsi éviter la pénurie et un scénario « jour zéro ». Mais elle doit également tenir compte de l’évolution du régime des précipitations, en mettant en place des tampons et des systèmes d’infiltration adéquats pour éviter les inondations tout en veillant à ce que les nappes phréatiques soient toujours correctement reconstituées.

Élaborer une stratégie à long terme en matière d’eau et à l’épreuve de la sécheresse

Une stratégie à long terme en matière d’eau est nécessaire pour atténuer les pénuries d’eau et contrôler les flux d’eau dans les zones exposées aux risques de sécheresse. La solution idéale serait que cela se fasse au niveau de la ville et que chaque autorité locale en ait une. Cela dit, les petites communautés, les quartiers et les organisations individuelles peuvent également mettre en place leur propre stratégie. La stratégie devrait être pluridisciplinaire pour veiller à ce qu’elle soit bien étudiée, efficacement mise en œuvre et correctement communiquée. Assurez-vous de recruter les experts nécessaires ou de confier la gestion de l’eau à une tierce partie fiable.

Les éléments clés d’une stratégie de l’eau à même de résister à la sécheresse peuvent inclure :

  • Une analyse appropriée de la probabilité de sécheresse dans la ville/zone cible sur une longue période (par exemple, entre 15 et 20 ans). Que révèle la recherche actuelle ? En quoi a-t-elle un impact sur l’approvisionnement local en eau et sur les risques d’inondation ? Une telle analyse devrait étayer la stratégie.
  • Investir dans les technologies de recyclage de l’eau en vue de maximiser les réserves en eau. Celles-ci incluent la collecte des eaux de pluies, les systèmes de réutilisation des eaux usées et les technologies de désalinisation. Ceci permettra de réduire considérablement la dépendance à l’égard des réserves en eau des nappes phréatiques et d’eau douce affectées par les sécheresses.
  • Investir dans des systèmes de tampon et d’infiltration au niveau des villes, pour éviter les inondations et favoriser le recyclage de l’eau. Cette démarche implique de réduire la quantité de béton et la dépendance à l’égard du ruissellement des eaux de pluie dans les réseaux d’égouts et de s’orienter vers un modèle de « ville-éponge » construite autour de plus d’espaces verts, de bassins d’eau, de toits verts et de rues et bâtiments poreux peuvznt retenir l’eau de pluie et lui permettre de réintégrer progressivement le cycle de l’eau. La Chine expérimente actuellement le modèle de « ville-éponge » dans 16 districts urbains.
  • Une surveillance et un audit efficaces visant à suivre les niveaux d’utilisation et à identifier les mesures potentielles d’économie d’eau.
  • Une stratégie de communication destinée à faire connaître les réussites, à partager les meilleures pratiques et à promouvoir des idées autour de la compréhension de la valeur de l’eau à l’approche d’une époque où elle pourrait potentiellement devenir une ressource rare.

Ainsi que le disait Benjamin Franklin : « En ne préparant pas, vous vous préparez à échouer ». En ce qui concerne l’approvisionnement en eau, les conséquences d’un échec sont trop importantes. C’est pourquoi la préparation est l’élément le plus important. Water Experts est en mesure de vous aider à planifier un avenir plus pérenne en matière d’eau. Nous proposons toute une gamme de services de soutien, de conseil et de consultation, de même que les produits et les technologies les plus récentes en matière de conservation de l’eau.

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