Comment l’eau est-elle utilisée en Belgique ?

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De petite taille, densément peuplée et très urbanisée, la Belgique est un pays à forte consommation d'eau qui a un impact sur l'approvisionnement en eau des autres pays lorsque l'eau utilisée pour produire des biens importés est prise en compte. Ce court article examine la quantité d'eau que la Belgique consomme par rapport à d'autres pays, où va cette eau et ce qui peut être fait pour réduire la consommation d'eau en Belgique.

Comment la consommation d’eau d’un pays est mesurée

Tout d’abord, nous devons établir comment est mesurée l’utilisation globale de l’eau d’un pays. Cela se fait en calculant l’empreinte hydrique nationale. Pour calculer l’empreinte hydrique, il faut mesurer la quantité d’eau qu’un pays utilise non seulement pour la consommation domestique des ménages, mais aussi pour la production industrielle et agricole. L’agriculture et l’industrie utilisent beaucoup plus d’eau que les ménages, l’agriculture mondiale utilisant environ 70 % des réserves d’eau douce de la planète. Les méthodes agricoles actuelles sont très gourmandes en eau : un litre de lait nécessite environ 1 000 litres d’eau pour être produit et un kilo de viande de poulet environ 3 000 litres.

L’empreinte hydrique nationale est constituée à la fois de son empreinte interne (utilisation domestique plus quantité utilisée pour la production agricole/industrielle à l’intérieur du pays) et de son empreinte externe (quantité utilisée pour produire des biens et des ingrédients importés). La Belgique, comme plusieurs autres pays occidentaux urbanisés, dépend fortement des biens importés, de sorte que son empreinte hydrique externe annuelle est élevée.

Empreinte mondiale de l’eau au niveau national

National Water Footprint Statistics, WaterStat, 2005

L’empreinte hydrique de la Belgique

Selon l’organisation internationale à but non lucratif Water Footprint Network (WFN), la Belgique a une empreinte hydrique annuelle totale de 20 milliards de mètres cubes, ce qui représente 5 200 litres par jour et par personne (assez pour remplir environ 70 baignoires). Si cela semble beaucoup, n’oubliez pas que cela inclut l’eau utilisée dans des méthodes de production très intensives en eau pour fournir à la population les biens consommés.

L’empreinte hydrique de la Belgique est supérieure à la moyenne de l’UE (4 992 litres par jour et par habitant) et la place au dixième rang des pays de l’UE, devant les Pays-Bas (4 000) et la France (4 900), mais derrière le Portugal (6 900) et les États-Unis (7 800).

En termes de répartition entre empreinte interne et externe, l’empreinte hydrique externe de la Belgique est très élevée. Il s’agit d’un environnement densément peuplé et très urbain, caractérisé par un mode de vie occidental avec des niveaux de consommation élevés et une alimentation riche en viande. C’est pourquoi de nombreux produits à forte consommation d’eau, comme la viande et les vêtements en coton, sont importés en grandes quantités. 89 % de l’empreinte hydrique annuelle de la Belgique est due à une utilisation externe, ce qui la place au deuxième rang de l’UE, derrière les Pays-Bas (95 %) et bien au-dessus de la moyenne de l’UE (51,6 %).

La différence entre l’utilisation interne et externe de l’eau

Il existe de grandes différences entre la manière dont la Belgique utilise l’eau à l’intérieur et à l’extérieur du pays. La disponibilité de l’eau douce est plus faible en Belgique que dans les pays voisins, avec 1 174 mètres cubes par habitant et par an provenant de cinq bassins fluviaux. Le plus grand utilisateur est l’industrie. L’eau utilisée pour l’industrie et la construction en Belgique est plus de dix fois supérieure à celle utilisée pour l’agriculture, la sylviculture et la pêche. La plus grande partie est consommée par l’industrie manufacturière belge qui utilise environ cinq fois plus d’eau que les ménages, alors que dans des pays comme l’Allemagne et l’Espagne, l’utilisation des ménages est beaucoup plus élevée. Cela s’explique par la taille de l’industrie manufacturière et par l’utilisation domestique relativement efficace de l’eau en Belgique.

Mais l’utilisation externe de l’eau est une autre histoire. Ici, la dépendance de la Belgique à l’égard des importations de produits agricoles tels que la viande, le café, le coton, le blé et le lait (principalement en provenance des pays européens, asiatiques et latino-américains) signifie que 93,6 % de son empreinte hydrique externe est due à l’utilisation agricole, selon un rapport du Fonds mondial pour la nature (WWF).

Cela peut avoir un impact négatif sur d’autres pays. Par exemple, la Belgique s’approvisionne en produits gourmands en eau, comme le coton et la canne à sucre, auprès du Pakistan et de l’Ouzbékistan, deux pays dont les ressources en eau sont fortement surexploitées. La demande de ces produits augmente le niveau de stress hydrique dans ces pays.

Réduire la consommation d’eau en Belgique

Nous sommes confrontés à un avenir où de nombreuses régions du monde risquent de connaître de graves pénuries d’eau. Nous devons faire ce que nous pouvons pour réduire notre empreinte hydrique, tant au niveau domestique que commercial. Dans le cas de pays tels que la Belgique, on peut constater que la gestion de l’approvisionnement national en eau ne représente qu’une petite partie du défi. Pour avoir un impact réel, il faut s’efforcer de mettre en place des méthodes de production agricole et industrielle moins gourmandes en eau dans le monde entier, voire de modifier le mode de vie pour réduire la demande de certains de ces produits.

Jacob Bossaer

Jacob Bossaer

Founder & CEO

Jacob est le fondateur et le PDG de BOSAQ. Après être revenu d'un des endroits les plus extrêmes de la planète, Jacob créa BOSAQ et Water Heroes dans le but d'apporter une solution durable au problème de l'eau dans le monde.

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